La source du mouvement de vénération des reliques de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a commencé au cimetière de Lisieux peu de temps après sa mort, le 30 septembre 1897.Le reliquaire, offert par les diocèses du Brésil, voyage à travers le monde depuis 1994 à la demande des évêques.
Les reliques nous renvoient à Thérèse. Chercher à comprendre Thérèse, c’est se mettre à l’écoute de la façon dont elle a vécu la foi. Sa vie est un témoignage, son message est éclairant, ses attitudes sont libérantes, son discernement est plein d’équilibre. Elle est docteur de l’Eglise. Mais en vénérant les reliques, le pèlerin ne vient pas seulement « se rappeler », il vient rencontrer Thérèse elle-même. Il dit vivre avec elle une expérience personnelle, unique, décisive souvent pour sa vie. D’une certaine manière le passé de Thérèse ne l’intéresse que parce qu’elle est là « dans le présent », dans l’aujourd’hui, et que cette présence figure ce que le pèlerin sera demain. C’est pourquoi une catéchèse avant, pendant et après le passage des reliques est indispensable, car la passion de Thérèse est de faire aimer Jésus. L’actualité de Thérèse crée un espace qui nous met devant le sens de notre propre actualité : elle ouvre sur la présence du Ressuscité aujourd’hui. Thérèse ne peut être comprise qu’en se mettant avec elle à l’école de Jésus.
Nous pouvons méditer sur trois citations de Ste Thérèse :
"Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre"
"Je ne meurs pas j’entre dans la Vie"
"Il faut toujours prier comme si l’action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante"
Des paroissiens attendant l'arrivée du reliquaire de sainte Thérèse devant l'église de Montgesty
Le reliquaire est déchargé du fourgon et conduit dans l'église
Des fidèles viennent vénérer les reliques et faire brûler des cierges
Les fidèles viennent du groupement paroissial de Catus mais aussi de la vallée du Lot, bien au delà du doyenné . On note des personnes de Limoges, du Gers... venues tout spécialement pour vénérer sainte Thérèse
Affluence nombreuse pour la messe du matin
Pour la messe du soir l'église de Montgesty est comble

Cette journée de pèlerinage s'est clôturée par une veillée d'adoration
Homélie du chanoine Thermed (de l'Institut du Christ-Roi à Baladou) au cours de la messe du matin
SERMON POUR L’OSTENSION DES RELIQUES
DE SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT JÉSUS
5 mai 2012 – Eglise de Montgesty
Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
Mes biens chers Amis,
Aujourd’hui, nous avons la grâce et l’honneur d’accueillir dans cette belle église de Montgesty les reliques insignes de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Patronne secondaire de la France.
Sainte Thérèse est bien connue par les chrétiens de France, mais l’est-elle vraiment bien ? Ne la connaissons-nous pas bien plutôt sous une image caricaturale ? Une grande sainte, elle l’est. Et pourtant, elle n’a pas fait de grands coups d’éclat au milieu des tribulations de l’histoire ; elle n’a pas illustré de sa présence sanctifiante les palais de nos rois ; elle n’a pas conduit jusqu’aux antipodes des missions d’Evangélisation. Non ! Elle a passé la plupart de sa vie – sa courte vie de 24 ans – derrière les grilles d’un Carmel de Normandie. Mais c’est dans cette clôture bénie que le Seigneur a fait d’elle un chef-d’œuvre de sainteté, l’une des plus grandes saintes au succès international – si j’ose dire, dont le nom est sur toutes les lèvres, aux quatre coins de la terre.
Qui pouvait imaginer, au crépuscule du XIXème siècle, que cette petite carmélite de Lisieux allait devenir Patronne des missions – elle qui n’a jamais quitté son couvent – et Docteur de l’Eglise – elle qui n’a jamais participé à aucun Concile œcuménique ? Et pourtant, la Providence, qui a beaucoup d’humour, fait bien les choses. L’Eglise notre mère nous propose la petite Thérèse de Lisieux comme un modèle de sainteté pour chacun d’entre nous. Vous le savez : nous sommes tous, prêtres, religieux, religieuses, laïcs, appelés à devenir des saints. Cet appel à la sainteté universelle fut l’intuition principale de notre sainte, et elle en témoigne dans ses écrits spirituels.
La spiritualité de sainte Thérèse est souvent décrite comme infantile et mièvre. C’est là un cliché bien rapide, alors que c’est tout le contraire ! Il suffit de lire l’Histoire d’une âme pour s’en rendre compte. Toutefois, si sa spiritualité était bien adulte, elle conserve une capacité d’émerveillement toute enfantine. Mais n’avons-nous pas à conserver notre cœur et notre émerveillement d’enfant devant la grandeur des dons de Dieu ? « Laissez venir à moi les petits enfants » : cette parole de Notre-Seigneur, Thérèse l’a gravée dans son cœur dès l’âge le plus tendre jusque dans son lit de souffrances. Méditons sur quelques notes de cette belle symphonie spirituelle. Il y en a trois qui, pour Thérèse, offrent au Cœur de Jésus la musique la plus agréable : la confiance, la spontanéité et la simplicité.
Confiance. « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour ». C’est là le fondement de notre foi, de notre espérance et de notre charité : la certitude que Dieu ne nous abandonnera pas et qu’il aura pitié de nous malgré nos chutes. Cette confiance doit croître toujours plus en chacun de nous. Comment cela ? En faisant la volonté du bon Dieu, en embrassant les croix de tous les jours avec amour, en nous mettant entre les bras de la Providence à chaque instant. La confiance, chers amis, est le rempart contre tout ce qui peut nous arriver : si nous défaillons dans notre confiance, nous sommes certains de tomber. Quand le petit enfant veut marcher seul, il est exposé à bien des chutes ; mais s’il prend la main de son papa, il est en sécurité. Ainsi, dans les moments de doute et d’épreuve, récitons avec sainte Thérèse les paroles du Psaume : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrai-je ? »
Spontanéité. Pour sainte Thérèse, la vie chrétienne est comme une course, du fait de l’ardeur de notre amour pour Dieu. Or, pour courir, il faut être léger, se détacher de tous ces fardeaux d’ici-bas qui nous encombrent dans notre course. Ce détachement des biens de ce monde est le secret de la sainteté : « Que celui qui veut être mon disciple quitte tout et me suivre » enseigne notre Sauveur. En effet, si nous acceptons de sacrifier de temps en temps nos petits plaisirs, nos petites habitudes, notre petit confort, eh bien, nous avons là la clef de notre progrès dans l’amour. Car « l’amour donne tout et se confie » nous dit sainte Thérèse. Ne soyons pas avares dans notre charité : elle serait fausse et ridicule. Soyons généreux dans notre amour de Dieu et du prochain : Dieu nous le rendra au centuple !
Simplicité. « La simplicité de l’enfant » chez Thérèse fut louée par Pie XI. Souvent nous avons un esprit compliqué, nous nous faisons des nœuds dans le cerveau pour un rien, mais aussi dans la vie de notre âme. Or, la vraie science, celle des saints, Dieu l’a cachée « aux sages et aux prudents pour la révéler aux simples ». Revenir à l’enfance dans notre âme, c’est faire de notre âme une pâte que Dieu peut faire lever en ajoutant le levain de la science. Mais où se trouve cette science me direz-vous ? Eh bien, elle se trouve dans le Cœur de Jésus, en qui se trouvent tous les trésors de la sagesse et de la science.
Etre simple, mes biens chers amis, c’est être « doux et humble de cœur ». Nous avons bien des efforts à faire pour être humbles. Mais nous grandirons en humilité, si nous acceptons les humiliations, les vexations, les moqueries que nous avons à subir de la part des autres ; si nous obéissons sans broncher aux ordres reçus, même si cela ne convient pas à notre petite personne. Tout cela, nous l’expérimentons chaque jour. Qu’à l’image de sainte Thérèse, nous grandissions dans cette belle vertu, si agréable à notre Dieu d’amour.
Mais je ne pourrais brosser un portrait authentique de notre sainte si je n’évoquais pas un peu le titre de « Patronne des missions », qui lui fut décerné par le pape Pie XI. Qu’elle aimait les missionnaires, ces hommes et ces femmes qui ont quitté pour toujours leur famille et leur patrie, pour se rendre dans des terres inconnues aux climats hostiles, afin de répandre la Bonne Nouvelle du Christ aux peuples. Et nous pouvons même oser dire que Thérèse vient aujourd’hui en pèlerinage à Montgesty. Oui, elle vient en pèlerinage ici, sur les pas de l’enfant du pays, saint Jean-Gabriel Perboyre, le martyr de la Chine, pour qui elle avait une vénération particulière. Elle conservait même pieusement une image du grand missionnaire.
Thérèse aussi fut missionnaire, derrière les grilles du Carmel. « J’ai un désir si violent d’être missionnaire » disait-elle à sa sœur Céline.. Comment pouvait-elle l’être ? En sauvant les âmes. Etre missionnaire, oui, c’est travailler au salut des âmes, à ramener sur le chemin du Ciel les brebis égarées. « Faites que je sauve beaucoup d’âmes » répétait-elle à Notre-Seigneur. C’est par sa charité brûlante et l’offrande de ses souffrances qu’elle collaborait à l’œuvre de la Rédemption :« Ne pouvant être missionnaire d’action, j’ai voulu l’être par l’amour et la pénitence comme sainte Thérèse (d’Avila) ». Et elle l’est encore missionnaire, du haut du ciel, celle qui « voulait passer son ciel à faire du bien sur la terre ».
En notre époque de Nouvelle Evangélisation, nous sommes tous appelés, chrétiens, à être des missionnaires. Oui, des missionnaires, sans pour autant nous envoler pour Tombouctou ou nous embarquer pour les îles Caïman. Commençons par regarder autour de nous. Ne voyons-nous pas les ruines de ce monde éloigné de Dieu ? N’entendons-nous les cris de tristesse d’une humanité noyée dans la « culture de mort » ? Alors, remuons-nous enfin pendant qu’il est encore temps ! Soyons des missionnaires de la Nouvelle Evangélisation, comme nous le demande notre pape Benoît XVI, des missionnaires à l’imitation de sainte Thérèse, « par l’amour et la pénitence ».
Puisse sainte Thérèse être un modèle pour chacun d’entre nous dans notre marche vers la sainteté. Qu’elle nous enseigne une confiance audacieuse, une générosité véritable, une simplicité aimable, un zèle brûlant pour le salut des âmes. Comme de petits enfants, appuyons nous sur l’amour miséricordieux de Dieu, mais aussi sur l’amour maternel de la sainte Vierge. Répétons avec la vierge de Lisieux ces paroles ferventes, en ce début du mois de mai : « La Vierge Marie, je l'aime tant ! … Quelle grande place elle tient dans mon cœur ... La Vierge Marie, elle n'est jamais cachée pour moi. »
Ainsi soit-il.
Mc X, 14.
SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT JÉSUS, Lettres, n°197.
Ps. XXXVI.
SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT JÉSUS, Conseils et souvenirs publiés par Sœur Geneviève.
PIE XI, Sermon pour la Canonisation de sainte Thérèse de Lisieux, 17 mai 1925.
Mt XI, 25.
Décret de la S. Congrégation des Rites du 14 décembre 1927.
SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT JÉSUS, Lettres, 189.
Billet du 8 septembre 1890.
SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT JÉSUS, Derniers entretiens, 17 juillet 1897.



































