• Extrait de l'homélie du cardinal Vingt-Trois, lors de la messe, ce soir en la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour les victimes de l'attentat

    "[...] La crise que traverse actuellement notre société nous confronte inexorablement à une évaluation renouvelée de ce que nous considérons comme les biens les plus précieux pour nous. On invoque souvent les valeurs, comme une sorte de talisman pour lequel nous devrions résister coûte que coûte. Mais on est moins prolixe sur le contenu de ces valeurs, et c’est bien dommage. Pour une bonne part, la défiance à l’égard de notre société, – et sa dégradation en haine et en violence – s’alimente du soupçon selon lequel les valeurs dont nous nous réclamons sont très discutables et peuvent être discutées. Pour reprendre les termes de l’évangile que nous venons d’entendre : quel trésor est caché dans le champ de notre histoire humaine, quelle perle de grande valeur nous a été léguée ? Pour quelles valeurs sommes-nous prêts à vendre tout ce que nous possédons pour les acquérir ou les garder ? Peut-être, finalement, nos agresseurs nous rendent-ils attentifs à identifier l’objet de notre résistance ?

    Quand une société est démunie d’un projet collectif, à la fois digne de mobiliser les énergies communes et capable de motiver des renoncements particuliers pour servir une cause et arracher chacun à ses intérêts propres, elle se réduit à un consortium d’intérêts dans lequel chaque faction vient faire prévaloir ses appétits et ses ambitions. Alors, malheur à ceux qui sont sans pouvoir, sans coterie, sans moyens de pression ! Faute de moyens de nuire, ils n’ont rien à gagner car ils ne peuvent jamais faire entendre leur misère. L’avidité et la peur se joignent pour défendre et accroître les privilèges et les sécurités, à quelque prix que ce soit.

    Est-il bien nécessaire aujourd’hui d’évoquer la liste de nos peurs collectives ? Si nous ne pouvons pas nous en affranchir, en nommer quelques-unes nous donne du moins quelque lucidité sur le temps que nous vivons. Jamais sans doute au cours de l’histoire de l’humanité, nous n’avons connu globalement plus de prospérité, plus de commodités de vie, plus de sécurité, qu’aujourd’hui en France. Les plus anciens n’ont pas besoin de remonter loin en arrière pour évoquer le souvenir des misères de la vie, une génération suffit. Tant de biens produits et partagés, même si le partage n’est pas équitable, tant de facilités à vivre ne nous empêchent pas d’être rongés par l’angoisse. Est-ce parce que nous avons beaucoup à perdre que nous avons tant de peurs ?

    L’atome, la couche d’ozone, le réchauffement climatique, les aliments pollués, le cancer, le sida, l’incertitude sur les retraites à venir, l’accompagnement de nos anciens dans leurs dernières années, l’économie soumise aux jeux financiers, le risque du chômage, l’instabilité des familles, l’angoisse du bébé non-conforme, ou l’angoisse de l’enfant à naître tout court,l’anxiété de ne pas réussir à intégrer notre jeunesse, l’extension de l’usage des drogues, la montée de la violence sociale qui détruit, brûle, saccage et violente, les meurtriers aveugles de la conduite automobile… Je m’arrête car vous pouvez très bien compléter cet inventaire en y ajoutant vos peurs particulières. Comment des hommes et des femmes normalement constitués pourraient-ils résister sans faiblir à ce matraquage ? Matraquage de la réalité dont les faits divers nous donnent chaque jour notre dose. Matraquage médiatique qui relaie la réalité par de véritables campagnes à côté desquelles les peurs de l’enfer des prédicateurs des siècles passés font figure de contes pour enfants très anodins.

    [...] Silence des parents devant leurs enfants et panne de la transmission des valeurs communes. Silence des élites devant les déviances des mœurs et légalisation des déviances. Silence des votes par l’abstention. Silence au travail, silence à la maison, silence dans la cité ! A quoi bon parler ? Les peurs multiples construisent la peur collective, et la peur enferme. Elle pousse à se cacher et à cacher. [...]"


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  • JEAN-RENÉ BERTRAND ET COLETTE MULLER

     

    Pour mesurer l'ampleur de la crise que connaît le catholicisme, il faut se reporter à la situation qui était encore la sienne au milieu des années 60. La quasi-totalité des Français affichaient une religion. Presque tous, parce qu'ils étaient baptisés à 96 %, se disaient catholiques. Près de la moitié d'entre eux pratiquaient régulièrement. Le rôle éminent du clergé dans son magistère moral, reconnu par tous, demeurait grâce à de puissantes institutions sociales (l'Action catholique sous ses différentes formes, la presse catholique). Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Le catholicisme est en complète transformation. Les changements en cours se situent sur le plan de la vie en société et, de ce point de vue, les catholiques se distinguent moins que par le passé. Par ailleurs, sur le plan organisationnel, on assiste actuellement à une complète réorganisation des cadres paroissiaux. Mais le changement le plus spectaculaire concerne les pratiques traditionnelles.

    Chute de la pratique religieuse en France

    Il faut se rendre à l'évidence, on a assisté au cours des trente dernières années à un véritable effondrement de la pratique. Les travaux pionniers du chanoine Boulard (1), qui datent des années 60, font état de taux de pratique religieuse encore très élevés. A l'époque, la plus grande partie des diocèses comptaient entre 25 et 50 % de pratiquants réguliers. Seuls huit d'entre eux affichaient un taux de pratique inférieur à 10 %. Il s'agissait des diocèses installés dans des zones de culture anticléricale : le Limousin, la Corrèze et la Provence en particulier. A cela s'ajoutaient des zones dites « de pratique majoritaire » : l'Ouest armoricain avec la Bretagne, la Vendée et l'Anjou, les pourtours méridionaux du Massif central, le Pays basque et l'Alsace-Lorraine. Dans ces régions, le taux de pratique dominicale était dans tous les cas supérieur à 75 %. A la même époque, les catholiques faisaient fidèlement leurs Pâques. Dans certains cantons ruraux, on comptait plus de 90 % de pascalisants, en particulier dans les régions les plus pratiquantes de l'Ouest, des Cévennes et des Pyrénées occidentales. Ce taux était de plus de 50 % dans plus de la moitié des campagnes françaises.

    Cette image de la France religieuse des années 60 est importante pour comprendre la situation actuelle. De toute évidence, les pourcentages d'observance dominicale (la présence à la messe le dimanche) et pascale (la participation annuelle à l'Eucharistie au cours de la période de Pâques) ont subi une chute vertigineuse. En une trentaine d'années, et malgré le poids de la tradition et de l'habitude, les pratiques religieuses ont été bouleversées. Le taux moyen de messalisants réguliers (allant à la messe tous les dimanches) était d'environ 45 % vers 1960. Actuellement, les estimations varient d'autant plus que la régularité n'a plus le même sens et devient la participation à l'office dominical deux fois par mois. Une étude réalisée par l'Insee fait apparaître un taux de pratique régulière de 16 % pour 1998. Toujours pour 1998, l'étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) montre que sur les 73 % de Français qui se disent catholiques, 10 % se déclarent, dans les sondages, des pratiquants dominicaux fidèles et réguliers, et 24 % vont à la messe assez irrégulièrement. La méthode est différente de celle mise en place par le chanoine Boulard, ce sont les sondés qui évaluent la régularité de leur pratique. Outre qu'elle recèle une part d'incertitude, elle aboutit à des résultats difficilement comparables avec les précédents. Les curés des paroisses estimaient alors la régularité de l'extérieur, sans consulter les pratiquants comme le font les sondeurs de l'Insee et du Crédoc. Cependant, malgré ces différences méthodologiques, on peut néanmoins estimer qu'en trente ans la chute de l'assiduité dominicale a été d'au moins 65 % (2).

    Les clivages régionaux n'ont guère évolué. Les anciennes régions « de pratique majoritaire » ont mieux résisté que les autres. Quant à celles qui déjà s'illustraient par la faiblesse de leurs taux de pratique, elles ont persisté dans la même voie et restent les régions dans lesquelles le mouvement de fuite des fidèles est le plus avancé. Les changements dans la répartition spatiale du phénomène se situent à un autre niveau. Le trait le plus notable tient à l'aggravation de la situation dans les paroisses périurbaines. L'étalement urbain, phénomène relativement récent, a fait surgir autour des villes des zones où la culture et les modes de vie sont différents de ceux des centres-ville. On y constate souvent des taux de pratique dominicale de 2 ou 3 %, alors que dans la couronne urbaine suivante (la couronne suburbaine), plus anciennement construite, ils peuvent quelquefois dépasser la moyenne française. Le contraste est saisissant avec la situation que connaissent des paroisses de centres-ville, où les taux de pratique avoisinent dans certains cas, de plus en plus rares, les 20 %.

    Il semblerait que cette décroissance de l'observance dominicale ait atteint un seuil. Elle montre actuellement une certaine stabilité, en particulier parmi les pratiquants les plus âgés, les femmes, et dans les milieux sociaux les plus favorisés. Mais cela ne suffit pas à remettre en cause l'ampleur du phénomène de désertion. Pour bon nombre de catholiques, aujourd'hui, la participation à l'assemblée dominicale ne fait plus partie du champ des obligations auxquelles ils doivent se soumettre en tant que catholiques. C'est la paroisse comme lieu historique de la pratique qui est en crise.

    Recompositions paroissiales

    En plus de la désertion des fidèles, un autre problème se pose à l'Eglise catholique : celui de la crise des vocations sacerdotales. En quarante ans, de 1950 à 1990, le nombre des ordinations a été divisé par dix, y compris dans les régions recrutant traditionnellement plus que d'autres. L'encadrement des fidèles, de ce fait, devient de plus en plus difficile. Jusqu'en 1970, l'organasation des paroisses n'a guère préoccupé les diocèses. Les églises accueillaient tranquillement les fidèles le dimanche, et la baisse pourtant visible des effectifs ne suscitait pas de graves inquiétudes. On comptait alors près de 38 000 paroisses en France. Chacune avait son curé, ou du moins était desservie régulièrement. La situation a changé en une quinzaine d'années. Dès 1980, le maintien de la messe dominicale n'était plus assuré dans plus de la moitié des paroisses, faute de fidèles parfois, mais souvent faute de prêtres. Le ralentissement des vocations a fini par remettre en cause l'organisation même du service religieux.

    Progressivement, les évêques ont donc dû engager une restructuration complète de leurs diocèses. Très souvent, des paroisses nouvelles ont été créées, abolissant les plus petites et regroupant les plus dépeuplées. Chaque diocèse a agi seul, indépendamment des autres, comme une Eglise particulière, qu'il est d'ailleurs au regard du droit canon (le droit ecclésiastique). Il n'existe en effet aucune règle formelle en la matière. La création par un évêque d'une nouvelle paroisse n'est soumise qu'à la consultation de son conseil presbytéral. L'empirisme a donc souvent fait loi. Le plus facile a été de recomposer les paroisses des campagnes. La désertion des églises ayant accompagné celle des communes rurales, le prêtre, souvent seul, la plupart du temps trop âgé, ne pouvait assurer une desserte trop éparpillée. Les paroissiens ont donc été encouragés, associant leurs convictions et leurs énergies, à se déplacer et à se regrouper dans une paroisse plus importante. De nombreuses paroisses sont nées de ce type de regroupements. Cela ne s'est pas toujours fait sans résistance de la part des fidèles. Des problèmes d'infrastructures se posaient. Des personnes âgées avaient des difficultés à changer leurs habitudes et à se déplacer. Les habitants de tel village étaient peu enclins à se retrouver à la messe avec ceux du village voisin. Parfois, le simple attachement au clocher du village suscitait des réticences. Toutefois, après une première désorientation générale, bien des communautés ont pris forme, la nouvelle paroisse s'installant dans un territoire élargi (3).

    Les restructurations ont nettement moins affecté les paroisses situées en zone urbaine. Dans les très grandes agglomérations comme Paris et les centres des grandes villes, elles n'ont pas été nécessaires. La désaffection des fidèles n'a pas suffi à désemplir les églises au point de justifier la création de paroisses nouvelles. Même réduits, les effectifs des fidèles sont restés suffisants pour que les offices soient maintenus. La forte concentration démographique et l'incessante croissance de la population urbaine font ici la différence. Par ailleurs, les catégories sociales des centres-ville sont d'un niveau relativement plus élevé. Or, selon plusieurs enquêtes d'observance dominicale, ces catégories sociales conservent un taux de pratique régulière plus important que la moyenne (15 % dans certains cas, alors que la moyenne française n'atteint pas 10 %). La mobilité des urbains permet d'étoffer les assemblées. En ville, les catholiques n'hésitent pas à se déplacer pour profiter d'une certaine spécialisation des paroisses, les unes appréciées pour leurs orgues, d'autres pour leur liturgie, d'autres encore pour leur clergé, d'autres enfin pour le dynamisme de la communauté paroissiale. Ce n'est pas tant à l'intérieur des grandes villes qu'à leur périphérie, dans les banlieues, que la question du maintien des paroisses se pose à l'autorité diocésaine. La chute des effectifs du clergé en activité, conjuguée à des taux de pratique religieuse extrêmement faibles, rend le fonctionnement de ces paroisses de plus en plus problématique.

    Depuis 1985, date des premières recompositions dans le diocèse de Sens-Auxerre, plus des trois quarts des diocèses ont accompli cette reconfiguration paroissiale. Les diocèses parisiens n'en ont pas éprouvé la nécessité ; quelques autres y ont renoncé. Il semblerait qu'aujourd'hui la tâche soit accomplie. La paroisse historique a fait place à une autre forme de communauté paroissiale.

    Catholiques, des rites aux valeurs

    La vie paroissiale n'est plus le centre de la vie sociale. Elle n'a plus, comme par le passé, d'effets structurants sur l'organisation de la société. Alors que la vie associative se développe sous de multiples formes et devient le ferment de la vie publique, la communauté des paroissiens n'est plus qu'une association parmi d'autres sans être tout à fait comme les autres, une association où l'investissement personnel demeure très fort. Entre les croyants au sens le plus large et les observants, fidèles pratiquants, se situent les plus nombreux, les catholiques que l'on peut qualifier de catholiques « des rites », demandant les sacrements des quatre saisons de la vie (baptême, profession de foi, mariage, inhumation), respectant les fêtes obligatoires de la liturgie, fidèles des cimetières, des pèlerinages et des dévotions aux saints. Ils sont les catholiques « des valeurs », ayant le sens de la famille, de l'autorité, de la liberté, du partage, de la solidarité. Ces catholiques « des rites » et « des valeurs » demeurent nombreux. Ce sont les catholiques visibles d'aujourd'hui. Beaucoup sont engagés de multiples façons, soit aux côtés des prêtres dans le cadre paroissial, mais également et de plus en plus souvent en marge de l'institution, réunis dans des mouvements ou des communautés de natures diverses.

    De la paroisse à la cité

    Plusieurs facteurs ont contribué à encourager la mobilisation des laïques dans la vie et la gestion des paroisses : les réformes issues du concile Vatican II, la raréfaction des prêtres et les recompositions paroissiales. Diverses institutions paroissiales existent qui permettent aux fidèles de s'investir aux côtés du curé : le conseil économique paroissial, le conseil paroissial de pastorale, les équipes d'animation paroissiale (EAP), les équipes liturgiques. Ces divers groupements de base de la communauté chrétienne offrent aux fidèles la possibilité de participer à l'organisation de la communauté, et en particulier à la gestion collective des assemblées. A cela s'ajoutent d'autres engagements comme la catéchèse, les préparations au baptême et au mariage ou parfois la présidence des sépultures. De la sorte, le principe de la coresponsabilité se renforce dans la paroisse. Les laïques, conformément aux souhaits de la hiérarchie épiscopale, prennent une place plus importante et plus diversifiée. Ce sont souvent les plus anciens et les plus fidèles qui sont les plus actifs.

    La participation à l'assemblée paroissiale reste encore réduite, l'engagement des catholiques se situant aussi et plus souvent dans d'autres formes de mission ou de spiritualité. Hier, l'épanouissement des mouvements de jeunesse en particulier, ainsi que les diverses associations de laïques rattachées à l'Action catholique, ont en effet eu pour conséquence la multiplication des célébrations alternatives pouvant se substituer à la messe dominicale. Mais, contrairement à ce qui a parfois été dit, ce serait surestimer l'apostolat des laïques que de lui attribuer la désertion des lieux de culte (4). Depuis les années 70, les mouvements de jeunesse, de même que les diverses formes d'apostolat laïque, ont eux aussi vu leurs effectifs diminuer. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 1957, les deux branches masculine et féminine de la Jac (Jeunesse agricole catholique) comptaient 200 000 membres. Au milieu des années 90, le MRJC (Mouvement rural de jeunesse chrétienne), qui fédère divers mouvement de jeunesse dont la Jac, ne regroupait plus que 15 000 jeunes. Le déclin s'est poursuivi au cours des années 90, et cela n'a pas eu pour effet, loin s'en faut, d'inverser le mouvement de désaffection des fidèles, toujours plus détachés de leur paroisse. On ne peut néanmoins contester que ces mouvements, aussi fragilisés soient-ils, offrent aux catholiques un lieu leur permettant de vivre leur foi à côté de la paroisse.

    Au cours des années 70, alors que la baisse de la pratique dominicale s'accélérait, on a également vu se manifester de nouveaux besoins spirituels, s'afficher de nouvelles manières de vivre en communauté. Les réseaux communautaires (5) existent dans toute la France mais, depuis une trentaine d'années, se sont développés spécialement autour de trois pôles : la région lyonnaise, l'Ouest, le nord de la région parisienne. Certaines communautés se sont réfugiées dans les solitudes rurales, d'autres ont élu domicile au coeur des grandes agglomérations.

    Bon nombre de ces communautés sont affiliées au mouvement du Renouveau charismatique, mouvement religieux apparu aux Etats-Unis en 1901 et qui s'est très largement diffusé à l'échelle du monde à partir des années 70, en particulier en Europe. La France est touchée en 1971. Ce n'est pas un hasard. Depuis 1965 s'était développée une contre-culture jeune reposant sur le rejet des valeurs des adultes : travail, maison, voiture, consommation, pouvoir politique, raison, discours des Eglises traditionnelles, pour leur en substituer d'autres : sexe, drogue, rock... mais aussi fraternité et émotivité. En mettant l'accent sur le rapport personnel et direct avec la divinité, le mouvement du Renouveau charismatique a donc séduit tout un public pour qui la liberté passait par le renversement des autorités instituées (6). Les communautés de charismatiques ont connu un succès rapide.(...)

     


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  • Le Dr Anca-Maria Cernea,  médecin roumain, a suivi l'ensemble du synode sur la famille en tant qu'observatrice, pour L'Homme nouveau. . Extrait de l'entretien donné à L'Homme Nouveau :

    Une-1601"[...] La théorie du Genre n’est pas une politique américaine par définition. Je crois qu’il est important de la voir dans le contexte de l’École critique – un autre nom de l’École de Francfort. Judith Butler, la fondatrice de la théorie du Genre, s’inscrit officiellement dans cette École critique qui provient de l’École de Francfort. Et celle-ci a ses origines dans la période des années 1920. C’est un projet du Komintern, explicitement préparé pour saper l’Occident sur le plan moral et culturel. Il s’agissait de détruire la résistance morale des pays occidentaux, en vue de la Révolution : c’étaient les Russes qui préparaient la conquête du monde entier pour instaurer la société communiste.

    Il y a eu des personnages très importants pour les débuts de cette tendance : Georg Lukács, un grand intellectuel hongrois malheureusement communiste, un personnage très subtil, qui a conçu ce projet. Puis cela a été la tâche de Willi Münzenberg, le chef du parti communiste allemand, qui s’est occupé de poser les fondations de l’École de Francfort. En même temps et en parallèle, il y a eu une autre lignée, celle d’Antonio Gramsci, communiste italien. Il a élaboré un projet de domination culturelle, mais dans son cas c’était explicitement en vue de l’instauration du communisme. Pour l’École de Francfort, c’est plutôt une tendance à détruire : ses tenants visent la destruction, elle ne propose pas de projet pour remplacer la réalité qu’ils contestent. Ils ne font que déconstruire, dénoncer, détruire : ils ne s’occupent que de la critique, et c’est pour cela qu’on l’appelle maintenant l’École critique.

    La tendance de Gramsci est explicitement orientée vers une société communiste, mais il renverse un peu l’ordre classique du marxisme. Il ne professe pas d’abord la révolution violente, la prise des moyens de production, la nationalisation de la propriété : il soutient qu’il est plus important de conquérir d’abord l’hégémonie culturelle. Pour Gramsci, l’ennemi le plus important qu’il faut vaincre, pour pouvoir instaurer le communisme, c’est l’Église catholique. Il écrivait ces choses au cours des années 1920. Il recommandait de procéder sans rien dire du projet, mais d’utiliser plutôt des compagnons de route : des gens qui ne sont pas explicitement communistes et qui ne se rendent même pas compte du fait qu’ils sont utilisés comme des vecteurs pour le message communiste. Il disait qu’il fallait infiltrer la culture, les médias, l’université, et surtout, surtout l’Église catholique."


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    Le sens catholique du mariage

    Pour plus d’informations sur le mariage, veuillez consulter cet article.

    1. Que peut nous apporter le mariage ? Le mariage fortifie le lien d’amour existant par un engagement “devant Dieu et devant les hommes“, et il témoigne de l’intention de surmonter les difficultés qui se présenteront. Il exprime la volonté de fonder une famille, couronnement du couple, et le désir de construire quelque chose à trois : Dieu, l’homme, et la femme. Il est souvent l’occasion, pour les époux, d’un renouvellement personnel et d’un enrichissement de leurs relations avec leur entourage. Même pour des couples qui vivent ensemble depuis longtemps, le mariage peut apporter beaucoup.

    2. Pourquoi se marier à l’église ? Beaucoup de couples, qui ne sont pas des chrétiens pratiquants, se marient cependant religieusement. Ils souhaitent donner une valeur sacrée à leur amour mutuel et recevoir de Dieu une force pour s’aimer dans le bonheur et dans l’épreuve. Le mariage religieux exprime que l’amour n’est pas seulement l’œuvre du couple, mais que c’est un cadeau qu’on reçoit. La célébration est l’occasion de prendre conscience de la dimension spirituelle du mariage : “A mon mariage, j’ai vécu quelque chose qui m’a dépassé” dit un jeune marié. On ne passe pas à l’église seulement pour faire plaisir à sa famille ou pour avoir une belle cérémonie, même si on a parfois du mal à expliquer pourquoi.

    3. Quelle est la signification chrétienne du mariage ? Le mariage des baptisés a une signification symbolique. Il est le symbole de l’amour et de l’Alliance du Christ et de l’Église. Le mari symbolise le Christ et l’épouse symbolise l’Église. L’union des époux est l’expression de l’union et de l’amour du Christ et de l’Église (Eph 5,23-32). L’union des époux en est aussi le fruit. Le sacrement de mariage ne s’arrête pas à la célébration, mais il se prolonge dans tout ce qui fait l’union du couple. C’est à travers le don réciproque que la grâce du Christ est donnée aux époux. Le sacrement de mariage est source de grâces.

    4. Comment le mariage est il un sacrement ? De même que l’eau pour le baptême ou l’huile pour la confirmation sont les signes visibles (les symboles) de l’action et de la grâce de Dieu, de même l’union des époux est le signe visible de l’action de Dieu qui réalise un lien sacré entre les époux et leur donne sa grâce pour vivre leur union conjugale. Ce n’est qu’au XIIIème siècle que le sacrement du mariage a été inscrit dans la liste des sept sacrements, mais dès saint Paul (Eph 5/23-32) le mariage des chrétiens a été considéré comme le signe visible (le symbole) d’une réalité spirituelle de l’union du Christ et de l’Église.

    5. En quoi consiste l’engagement du mariage chrétien ? Le mariage est un engagement pris devant Dieu. Ses caractéristiques sont : la liberté, la fidélité, l’indissolubilité et la fécondité : Chacun des fiancés doit être pleinement libre au moment de son engagement. Ils promettent fidélité à leur conjoint, et cette promesse est source de confiance réciproque. Ils s’engagent pour toute leur vie, car le mariage crée un lien sacré entre les époux. Ils acceptent d’être ouverts à la vie et d’accueillir avec amour les enfants qu’ils mettront au monde.

    6. Que devient le sacrement de mariage après la mort de l’un des époux ? Le sacrement de mariage est pour la vie terrestre. Si l’un meurt, l’autre peut se remarier. On s’engage pour toute la vie du couple. Jésus en effet a dit “A la résurrection, on ne prend ni femme, ni mari, on est comme les anges dans le ciel” (Mt 22/30).

     D’après http://catholique-nanterre.cef.fr


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     Le père Samir Khalil Samir, jésuite né en Egypte, qui a vécu au Liban, professeur à l'Université Saint Joseph de Beyrouth et à l'Institut Pontifical Oriental de Rome, réputé être un des plus grands islamologues vivants...


    La dérive violente de l'oumma coranique dans le monde
    Matteo Matzuzzi
    10 janvier 2015
    Il Foglio
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    «Les imams affirment qu'il ne faut pas confondre les terroristes avec l'islam, qui est au contraire une religion prêchant la paix et la non violence. C'est trop facile ainsi, c'est trop peu» déclare le père Samir Khalil Samir, jésuite né en Egypte, qui a vécu au Liban, professeur à l'Université Saint Joseph de Beyrouth et à l'Institut Pontifical Oriental de Rome, réputé être un des plus grands islamologues vivants. «On ne peut pas s'excuser de cette façon là, et tant qu'on entendra de la part des savants musulmans toujours le même refrain, rien ne changera»
    «Les imams devraient, pour commencer - nous explique notre interlocuteur - prendre leurs distances de ceux qui entrent les armes à la main dans une rédaction de journal, affirmant que ceux-là sont des terroristes qui entendent reconquérir le monde à l'islam. En revanche ils ne le font pas, ils ne prennent pas acte du fait qu'au moins 80 pour cent des actions terroristes sur la planète sont commises au nom du Prophète».
    Le problème fondamentale est que «dans le Coran, la violence existe, à la différence de l'Evangile. Lorsque le musulmans envahissent la Terre Sainte ils passent les infidèles au fil de l'épée», c'est un fait.
    C'est là que doit commencer le travail des imams, appelés à «expliquer qu'une chose est le texte écrit que personne ne veut toucher, une autre est l'interprétation de ces phrases. Si nous prenons l'Ancien Testament, il contient des passages d'une violence inouïe», ajoute le Père Samir: «En 2000 ans l'Eglise a su enseigner l'interprétation des Ecritures, sans cela nous serions encore à prendre à la lettre les versets sur le Dieu des armées et les enfants jetés sur les rochers. Toutes les civilisations on connu ce stade, et l'ont dépassé. L'islam non».
    «Ce qu'il faudrait de la part des communautés islamiques - nous explique le père Samir - c'est une saine autocritique, mais ils ne le font pas, ils se taisent si un acte contre les autres est commis au nom de l'islam. Il est inutile alors d'affirmer qu'ils se sentent opprimés et inférieurs. C'est vrai en partie, mais que font-ils afin de changer cette condition? Rien. Ce n'est pas l'occident qui les a mis dans cette situation, ils s'y sont mis eux-mêmes, ruinant également la réputation des musulmans qui ne désirent que de vivre en paix avec tous».
    En somme, poursuit l'islamologue, «on ne peut pas accepter que ceux qui viennent en occident veuillent imposer leur propre système de règles. L'intégration suppose l'acceptation de la culture des populations d'accueil, l'adoption des habitudes de ce peuple, même si elles sont différentes des siennes. Ce n'est qu'ainsi que ces gens seront prêts à accueillir et à aider. La confrontation ne sert à rien, le vrai dialogue suppose la disponibilité tant à l'écoute qu'à l'adéquation à l'autre».
    (...)
    Les musulmans ne le font pas, ils se renferment en de petites communautés et alimentent ainsi la peur.
    Une chose, à ce point, est évidente, remarque Samir: «Trop nombreux sont ceux qui ont commis des actes de terrorismes au nom du dieu islamique et l'image que l'islam donne de lui-même est très négative. Il se présente comme une religion belliqueuse, agressive, arriérée. La seule solution est qu'ils admettent que quelque chose est faux dans leur façon d'agir. Mais c'est à eux de le faire».
    Ils réagissent au contraire de la façon qu'on a vu contre les caricatures d'un hebdomadaire: «La bombe dans le turban de Mahomet? Quel mal y a-t-il?» (ndt: malheureusement, il n'y avait pas que cela... contrairement à ce que les médias veulent nous faire croire) affirme le père Samir qui ajoute: «A l'époque, mes interlocuteurs musulmans disaient que c'était inacceptable. Et pourtant ils représentent Allah avec l'épée. Hezbollah l'écrit même comme s'il s'agissait d'une kalashnikov, et ceux qui ne savent pas lire l'arabe croient que ce nom désigne précisément l'arme».
    Il n'est pas question d'insulter le prophète, nous précise l'islamologue: «Je ne fais qu'affirmer que si on n'est pas d'accord avec une caricature on va chez un juge et on se sert de la loi de ce pays. Si cette loi ne nous plaît pas, on est libre de partir de ce pays. On ne peut pas arriver au point d'être défini comme "impie" dans sa propre maison».








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