• http://saint-sepulcre-toulouse.eklablog.com/gazette-tolosane-c25543496 

     

     

    Le 8 décembre 2015, nous sommes entrés dans une année jubilaire. Elle a débuté par l’ouverture d’une « porte sainte » à la basilique Saint-Pierre de Rome, à l’occasion de la fête de l’Immaculée Conception, et se terminera le jour de la solennité du Christ-Roi, dernier jour du calendrier liturgique. C’est un jubilé extraordinaire, celui de la miséricorde. Le pape l’a promulgué le 11 avril 2015 par la bulle Misericordiae Vultus (littéralement : « le Visage de la Miséricorde »).

     

     

    L’Année Sainte, une chance pour notre foi

     

    Depuis le premier jubilé, promulgué en 1300 par le pape Boniface VIII pour célébrer l’anniversaire de l’Incarnation, l’Eglise développe la longue tradition des « années saintes ». Ce pape (celui-là même qui eut des démêlés avec le roi Philippe le Bel et fut giflé par son envoyé Guillaume de Nogaret) avait prévu un jubilé par siècle. A partir de 1475, afin de permettre à toute génération de vivre au moins une année sainte,  il fut établi qu’il y aurait un jubilé ordinaire tous les vingt-cinq ans, mais qu’on pourrait aussi décréter un jubilé extraordinaire chaque fois qu’on souhaiterait souligner  un évènement ou un anniversaire particulièrement important. De 1300 à nos jours, il y a eu vingt-six années saintes ordinaires ; la dernière a eu lieu en 2000 et a correspondu à des journées mondiales de la jeunesse, une autre et nouvelle forme de jubilé, si l’on y regarde bien. Les premiers jubilés extraordinaires ont été décrétés au XVIème siècle ; les derniers sont ceux de 1933 (XIXe centenaire de la Rédemption) et de 1983 (pour rappeler les mille-neuf cent cinquante ans de ce même événement).

     

    Cette tradition qui ne date que du moyen-âge s’enracine pourtant spirituellement dans les institutions de l’ancien testament. Le Lévitique nous apprend ainsi que, toutes les « sept semaines d’années », s’ouvre une année jubilaire, pendant laquelle les terres mises en gage seront rendues à leur propriétaire, les dettes, effacées, et les esclaves, libérés. En quelque sorte donc, une « remise du compteur à zéro » qui rend visible le travail de la grâce par laquelle Dieu libère son peuple, lui donne le salut et la joie. C’est bien à la tradition vétéro-testamentaire du jubilé que Jésus se réfère dans la synagogue de Nazareth, lorsqu‘il lit ce passage du  livre d’Isaïe : « Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur »

     

    A l’occasion de chaque année sainte, une porte spéciale est donc ouverte ; non seulement à saint-Pierre de Rome, l’éminent sanctuaire de la colline du Vatican où saint Pierre fut martyrisé, mais également dans les trois autres « basiliques majeures » de la ville : Saint-Jean-de-Latran, qui est, ne l’oublions pas la cathédrale du pape en tant qu’évêque de Rome, Saint-Paul-hors-les-Murs, où l’apôtre des Nations fut inhumé, et Sainte-Marie-Majeure, le premier sanctuaire marial, au moins d’Occident. Ces portes saintes expriment évidemment l’ouverture, le passage, l’accueil, la transition vers des réalités nouvelles, la rencontre… Toutes choses qui sont au cœur de toute démarche de pèlerinage et finalement de toute la vie chrétienne. En plus des portes saintes romaines, le pape François a voulu que chaque diocèse ait la sienne, dans un lieu de pèlerinage local, dans la cathédrale…, afin que tous puissent accomplir la démarche jubilaire et en recevoir les fruits.

     

    Dieu inlassablement miséricordieux

     

    La miséricorde est un thème habituel de la communication et du magistère du Saint-Père, et ce depuis son premier angélus. Le dimanche 17 mars 2013, quatre jours après son élection, le pape François apparaît pour la première fois à la fenêtre des appartements pontificaux. Il commente l’évangile du jour, la femme adultère, et centre son propos sur ce thème : « Ressentir de la miséricorde… Ce mot change tout. C’est le mieux que nous puissions ressentir : cela change le monde ! Un peu de miséricorde fait en sorte que le monde soit moins froid et plus juste. Nous avons besoin de bien comprendre cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui est tellement patient ».

     

    Pendant l’angélus du 11 janvier 2015, le pape a proprement martelé ce thème de la miséricorde : « Il y a tellement besoin, aujourd’hui, de miséricorde… Et il est important que les fidèles laïcs la vivent et l’apportent dans les différents milieux de la société. En avant ! Nous sommes en train de vivre le temps de la miséricorde : c’est maintenant le temps de la miséricorde ». Et dans son message pour le Carême 2015, il enfonce le clou : « Combien je désire que les lieux où l’Eglise se manifeste, ainsi que nos paroisses et, spécialement, nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence ! »

     

    Qu’est-ce que la miséricorde ?

     

    Au niveau simplement humain, la miséricorde est une bonté d’indulgence et de pardon envers une personne coupable d'une faute et qui s'en repent. Au niveau théologique, la miséricorde, comme la sainteté, est d’abord un attribut propre de Dieu : lui seul peut comprendre, pardonner et libérer le cœur de l’homme, le renouveler dans sa dignité, pour qu'il puisse se remettre debout et accomplir le projet de Celui qui l’a créé pour le bonheur. La miséricorde, avant de l’exercer (toujours par grâce !), nous en sommes d’abord les destinataires, les bénéficiaires !

     

    Le mot latin misericordia signifie littéralement : avoir son cœur (cor) auprès des pauvres (miseri en latin) ; avoir un cœur qui bat pour les pauvres », rappelait le cardinal Kasper. « Ce thème si central dans la Bible et tellement essentiel pour le monde d’aujourd’hui est à peine mentionné dans les lexiques et manuels de théologie dogmatique », regrette le cardinal Kasper. Or, pour l’ancien président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens sous Jean-Paul II, la miséricorde est pourtant « l’attribut divin qui occupe la première place », « l’expression de l’être même de Dieu qui est Amour », qui « exprime l’être de Dieu qui se penche avec bienveillance sur les hommes et sur le monde ». 

     

    Saint Augustin définissait la miséricorde comme un cœur compatissant pour la misère d’autrui et l’ensemble des moyens d’y subvenir. Pour parler de la miséricorde, l’hébreu biblique emploie en effet le mot rahanim, les « entrailles ». Dieu lui-même se laisse remuer jusqu’au ventre. «Dieu est un Dieu qui voit la misère de son peuple et entend ses cris, explique le cardinal Kasper. Il n’est ni mort ni muet, il est un Dieu vivant qui se préoccupe de la détresse de l’homme, qui parle, agit et intervient, qui sauve et délivre. » 

     

    L’Eglise a longtemps promu les « œuvres de miséricorde » : derrière une expression apparemment désuète, se cachent des réalités très concrètes et totalement nécessaires et actuelles : nourrir les affamés, abreuver les assoiffés, vêtir les personnes nues, accueillir les étrangers, les pèlerins et les gens dans le besoin, visiter les malades, annoncer la Bonne Nouvelle aux prisonniers et aux captifs, enterrer les morts. L’exemple le plus sublime en est le bon Samaritain, l’homme exécré qui vient en aide à celui qui est tombé aux mains des brigands, et qui, la veille, n’aurait même pas daigné adresser un regard à celui qui allait être son bienfaiteur. L’exemple aussi de Jésus lui-même, qui  « pris aux entrailles » devant une foule désemparée et affamée, prend tout de même le temps de l’« enseigner longuement » avant de la nourrir, et qui révèle par là que la première des miséricordes, la plus grande des charités, c’est l’annonce de la Parole de  Dieu.

     

    A partir du XVIIe siècle, la piété envers la Miséricorde Divine prend la forme du culte du Sacré-Cœur, qui réussit à s’imposer dans les cœurs malgré les sécheresses d’un jansénisme extrêmement présent jusqu’à la fin du XIXème siècle. Au milieu du XXe siècle, en Pologne, les apparitions du Christ miséricordieux à la religieuse Faustine Kowalska, aujourd’hui canonisée, contribuent au renouveau de la dévotion envers la Miséricorde de Dieu. A cette occasion, le Seigneur rappelle le devoir inconditionnel pour tout homme de s’abandonner à la bonté de Dieu et d’en être aussi l’instrument auprès des autres, condition absolue du pardon des péchés et des peines. « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi… ». De ce message, saint Jean-Paul II fit en 2000 une date liturgique, le dimanche de la divine Miséricorde.

     

    Des missionnaires pour chaque diocèse

     

    « Voici le moment favorable pour changer de vie ! Voici le temps de se laisser toucher au cœur », déclare le pape François. Pour lui, tous sont invités à reprendre la route, nul n’est trop loin pour Dieu. Il n’y a pas de si grand pécheur que Dieu ne puisse guérir et relever. Et les prêtres doivent être les premiers vecteurs de cette grâce divine. Pour cela, il leur a largement donné les moyens de donner a tout homme de bonne volonté le pardon du Seigneur..Le pape envoie à cette fin des « missionnaires de la miséricorde » : « des prêtres à qui j’aurai donné l’autorité pour pardonner aussi les péchés qui sont réservés au Siège apostolique ». Ces « hérauts de la joie du pardon » doivent être accueillis par chaque diocèses à travers le monde.

     

    Soyons  miséricordieux comme notre Père céleste est miséricordieux

    En ces derniers jours de Carême de l’année de la miséricorde, et sur lequel le pape a tout particulièrement insisté, nous avons peut-être exercé d’une manière spéciale ce bel appel à nous faire «un cœur de pauvre » qui est au centre de l’Evangile : « Montrez-vous miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux » (Luc, 6, 36). Disciples de Celui qui est prêt à tout pour sauver la brebis perdue, découvrons, redécouvrons et faisons découvrir aux autres que notre Dieu est un libérateur, un médecin, un consolateur. Relisons les paraboles du Bon samaritain et du Fils prodigue ! Nous sommes cet homme blessé, laissé pour mort au bord de la route… Nous sommes ce fils gâté, révolté, puis ruiné et revenu de tout… Relevés et cajolés par ce Dieu à la paternité sublime, extrême, irrationnelle, qui vient panser toutes les blessures… Pourvu que nous ne les lui cachions pas et que nous reconnaissions avoir besoin de Lui … Et, en toute humilité, ces blessures, ces souffrances, sachons les porter les uns les autres, les partager, les échanger si nous le pouvons, ainsi que le recommande saint Paul aux Colossiens : « Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d'humilité, de douceur, de patience; supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l'un a contre l'autre quelque sujet de plainte; le Seigneur vous a pardonnés, faites de même à votre tour. Et puis, par-dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection » (3, 12-14). Alors si nous savons faire cela, nos communautés, grandes ou petites, nos familles humaines ou religieuses, souvent traversées par la désunion, les conflits et l’incommunicabilité, toutes les cellules de vie dans lesquelles le Seigneur nous a placés pourront retrouver la joie et la force de la jeunesse, qui n’est pas autre chose que l’éternité !

    Abbé M. CAMBON

     

     


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  • « être dans le vent, une ambition de feuille morte"  Gustave Thibon

     

    Il en existe une autre, guère moins imagée, c’est un dicton alsacien : « seuls les poissons morts nagent avec le courant« 

     

     

    "Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant". - André Gide

     

     

    «Ne pas être à la mode est la meilleure façon de ne pas se démoder. » – jean Dion

     

     

    On voit souvent le mal où il n'est pas, et rarement le bien où il est- Sosthène de La Rochefoucauld-Doudeauville ; Le livre des pensées et maximes (1861)

     

     

    Écouter, voir et se taire, sont choses rudes à faire.Miguel de Cervantès ; Le petit-fils de Sancho Panza (1613)

     

     

    Il ne faut ni se flatter ni s'abaisser, mais simplement s'efforcer de se voir tel qu'on est.François Mauriac ; Mémoires politiques (1967)

     

    «En période de paix, n’oublie pas le péril.» – proverbe chinois 

     

    «Beaucoup de chemins mènent à la réussite, mais un seul mène immanquablement à l’échec, celui qui consiste à vouloir plaire à tout le monde» – Benjamin Franklin 


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    Fra_Angelico_009

    Réflexion de Mgr David Macaire, Archevêque de Fort-de-France.

    De tout temps, l’Eglise a pris soin, à travers le culte des saints, de montrer au monde que les saints étaient des femmes et des hommes comme tous les autres, de toutes conditions, de toutes races, langues et nations. Récemment, depuis saint Jean-Paul II, les papes ont tenu à multiplier les béatifications et canonisations, montrant aussi que la sainteté n’est pas un phénomène ancien, mais une réalité contemporaine et courante dans la vie de l’Eglise. Presque banale, en tout cas « normale », dès lors que les moyens de salut donnés par le Christ sont mis en œuvre. Les saints sont donc nos frères, ils sont comme nous, ils nous ressemblent et nous leur ressemblons.

    Le Catéchisme de l’Eglise Catholique indique que l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur rang et leur état. Tous sont appelés à la sainteté : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Mt 5,48) (CEC 2013).

    Et pourtant, reconnaissons-le : nous avons peur d’être des saints ! Dans notre conception spontanée, un saint est un religieux austère, privilégié de grâce mystique, environné de phénomènes surnaturels et souffrant d’atroces supplices pour l’honneur de Dieu. Nous pensons, en fait, qu’un saint est un extra-terrestre qui ne sait pas s’amuser, se détendre et prendre la vie du bon côté. Nous croyons qu’un saint est forcément un surdoué de la morale et de l’ascèse. Au final, c’est un personnage éloigné, hors du temps, de l’espace et de la vie.

    Il est vrai que la vitrification de la figure des saints et la pétrification de leurs personnes dans nos sanctuaires nous ont plus ou moins fait croire que les saints étaient des demi-dieux ! Quelle erreur que de penser que les saints sont admirables mais pas imitables ! Ce genre de fausse propagande n’a pour résultat que de nous faire choisir la médiocrité d’une vie chrétienne bien rangée, sans choix radical, une vie chrétienne juste assez correcte pour qu’on puisse tranquillement se regarder dans son miroir le matin et aller communier le dimanche. C’est une vie chrétienne sans le désir d’être saint, sans le désir de la Vie éternelle, sans le désir de Dieu, juste le désir d’être « une bonne personne ».

    Nous n’avons pas l’ambition d’être des saints ! Pour cette raison, nos églises sont remplies de « bonnes personnes » qui n’ont pas envie d’être des saints. Pour cette raison, nos communautés n’accueillent pas les brigands et les prostituées qui, certes, ne sont pas de « bonnes personnes », mais peuvent, autant que les autres, devenir saints. Pour cette raison, nos jeunes nous quittent parce que nous ne les faisons pas rêver, parce qu’ils ne sont pas attirés par une vie chrétienne si fade.

    A tous, il faut proclamer que ce ne sont pas des bonnes personnes que Dieu veut, mais des saints. Et il peut en « fabriquer » avec des gens bien comme avec des pécheurs : il suffit de Lui en demander la grâce ! Car le monde attend le passage des saints. De tous, on attend la sainteté, la fidélité jusqu’à la mort au Christ, notre Dieu. Ils en sont capables, par la grâce.

    En représentant ces femmes et ces hommes sur les vitraux et les autels de nos églises, la culture catholique n’a d’autre ambition que de les montrer proches de nous. Proches de nous et proches de Dieu ! Une manière de nous dire que la sainteté est à la portée de tous, de nos proches, de nos jeunes, de nos anciens, de nos voisins et même à notre portée !

    Par-dessus tout, ce que l’Eglise proclame à travers le culte des saints, ce n’est pas la glorification de telle ou telle personne dans un but politique. Ce que l’Eglise proclame, c’est la Gloire de Dieu. En effet, s’il n’y avait pas de saints, ce serait un véritable échec du projet de Dieu. N’y aurait-il aucun homme à être sauvé, alors que le Père a déployé tous les trésors de la grâce pour nous faire Miséricorde, alors que le Fils s’est fait chair pour nous faire passer des ténèbres à son admirable lumière, alors que l’Esprit qui renouvelle toute chose a été répandu sur l’Eglise ? Comment être chrétien sans proclamer la victoire de notre Dieu dans la vie de tant d’hommes et de femmes parvenus à la sainteté à travers les faiblesses du genre humain, et les tentations de notre existence ?

    Alors, n’ayons pas peur… d’être des saints ! »


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  •  http://www.aleteia.org/fr/societe/actualites/le-cardinal-sarah-deplore-lapostasie-silencieuse-parmi-les-chretiens-11814004

    "Nous n’avons même plus le temps de vivre, ni d'aimer, ou d'adorer " déclare le Président du Conseil Pontifical Cor Unum à l’ouverture de la rencontre des conférences épiscopales européennes à Trieste.

     
           
         

    « Même parmi les baptisés et les disciples du Christ, il y a aujourd'hui une sorte ‘d'apostasie silencieuse’, un rejet de Dieu et de la foi chrétienne en politique, en économie, dans le domaine éthique et moral ainsi que dans la culture occidentale postmoderne», a déploré le cardinal Robert Sarah, au premier jour de cette rencontre sur le thème de la charité.


    « Involontairement- poursuit-il – nous respirons à pleins poumons des doctrines qui vont à l'encontre des êtres humains et qui génèrent de nouvelles politiques qui ont un impact en érodant, en détruisant, en démolissant et en agressant gravement, de façon lente mais constante, par-dessus tout sur l'être humain, sur sa vie, sur sa famille, sur son travail et sur ses relations interpersonnelles. Nous n’avons même plus le temps de vivre, ni d'aimer, ou d'adorer. Voici un défi exceptionnel pour l'Église et pour la pastorale de la charité. L'Église, en effet, pointe également les différentes formes de souffrance dont est victime la personne humaine», précise-t-il.

    Le prélat a ainsi constaté qu’« un humanisme sans Dieu, jumelé à un subjectivisme exacerbé, idéologies qui sont aujourd'hui véhiculées par les médias et par le biais de groupes très influents et très puissants financièrement, se cachent sous les apparences de l’aide internationale et opèrent également dans l'environnement ecclésial ainsi que dans nos agences caritatives ».

    Il a rappelé à propos de l’Église que « les valeurs chrétiennes qui la guident et l'identité ecclésiale de l'activité caritative ne sont pas négociables ; elles doivent rejeter toute idéologie contraire à l'enseignement divin, rejeter catégoriquement tout soutien économique ou culturel qui imposerait des conditionnements idéologiques opposés à la vision chrétienne de l'homme ».

    « Nous ne saurions comprendre la mission de l’Église sans la rapporter à la mission du Christ », a-t-il ajouté, avant d’exhorter les fidèles à témoigner leur foi en faisant œuvre de charité, thème central de cette rencontre, et à ramener l’exercice de la charité « à sa relation intrinsèque avec l’annonce de la foi et avec la célébration de celle-ci dans la liturgie », faute de quoi elle serait réduite à une simple solidarité humaine.

    En citant l’encyclique de Benoît XVI Deus caritas est, il a rappelé que « l’origine de la charité est divine » : « C’est Dieu qui nous dit ce qu’est la charité, ou plutôt qui, dans son Fils, nous a montré la charité qui, dans le langage biblique, signifie non seulement aimer, mais aimer pleinement jusqu’à donner sa propre vie, jusqu’à se perdre, jusqu’à perdre sa vie pour l’autre ».

    L’évêque, selon lui, doit se faire « président et ministre de la charité dans l’Église » et doit apporter son témoignage personnel « en menant une vie simple et en faisant preuve de charité à l’égard des pauvres ; en ayant une attention toute paternelle envers les plus démunis et les exclus de la société afin que l’Église particulière vive la diaconie que le Christ a enseignée ».

    « La charité est une pratique que l’on peut comparer à une prédication silencieuse, mais vivante et efficace », a précisé le prélat. Et de conclure : « La crédibilité du témoignage doit passer par le témoignage personnel, car la charité, n’étant pas une œuvre à proprement parler mais une relation, demande toujours une dimension personnelle, postule toujours la prière, la fréquentation des sacrements et l’adoration comme expression suprême de notre amour et de notre communion avec Dieu ».

    [Sources: Zenit, Vatican Insider]

     

     

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